Débat Nantes Bordeaux 2005 comité de bassin

Débat du 12 mars 2005 à La Rochelle
Nantes-Bordeaux : La Rochelle-Rochefort.

Comités de ligne et de Bassin.

À ce débat n’ont participé ni la SNCF, ni la ville de La Rochelle. La Région était représentée par Madame Corinne CAP qui siège à la « Commission littorale et de la santé » et connaît un peu le dossier .

La présidente explique d’abord pourquoi la SNCF abandonne des lignes fret pour réduire le déficit et comment elle abandonne pour la même raison les lignes interrégionales ( Bordeaux- La Rochelle-Nantes, Nantes-Lyon, Bordeaux-Lyon, Lille-Metz) et souhaite les remettre aux régions ce qu’elles refusent. La régionalisation a été salutaire dans bien des régions; certaines ont réouvert des lignes fermées. Par contre, on a constaté des effets pervers lorsqu’il n’y a pas eu d’entente entre les différentes régions. C’est ainsi qu’il y a des ruptures de correspondances au passage d’une région à l’autre.

Sur Bordeaux-La Rochelle-Nantes, ce n’est pas une correspondance, mais le train du matin qui a été supprimé. Ce train permettait de faire du domicile travail à bon nombre de voyageurs. Bordeaux- Montendre-Jonzac-Pons-Saintes-La Rochelle-Nantes. L’État et la Région investissent toujours plus dans le route. Et le ferroviaire ? Certes les études ont commencé pour une LGV Poitiers à Limoges alors qu’on a refusé pour un moindre coût le projet modeste du POLT . Et les travaux de modernisation sur la ligne actuelle Poitiers-Limoges prévue au Contrat de Plan 2000/2006 ne commenceront au mieux qu’en 2006et on a pas prévu le renouvellement de la voie en mauvais état de Poitiers à Montmorillon, limitée à 100km/h, alors que les X73500 peuvent rouler à 140 km/h.
Sur la ligne actuelle Orléans -Tours-Bordeaux il est prévu de faire des lignes éco-fret avec des marchandises à valeur ajoutée entre l’Europe du Nord et l’Espagne. C’est une bonne chose, mais le fret va prendre des sillons aux trains de voyageurs alorsqu’il pourrait emprunter les ligne Nantes-Bordeaux et Saumur-Niort-Saintes
Débat :
Les participants évoquent de moyens pour informer les usagers qui ont tendance individuellement à en prendre leur parti et se tournent, forcés, sur la route, l’absence de subvention de soutien; d’ailleurs le manque d’empressement des élus à l’assemblée démontre leur manque d’intérêt.

La Présidente à Mme Cap : Vous vous occupez du littoral, comment avance le projet Henri de Richemont sur l’autoroute de la mer ?

Corinne CAP : Les experts s’affrontent là aussi comme toujours, là aussi on nous dit que cela ne va pas être rentable. Je voulais demander lorsqu’on nous dit que la ligne Nantes-Bordeaux n’est pas rentable est-ce que c’est vrai ?

Le Vice-Président : La rentabilité c’est quelque chose qui est très difficile à quantifier en fonction des gens que nous avons en face de soi. Si l’on prenait tous les coûts induits par les accidents, le déplacement des pompiers, qui les payent ? La collectivité.

Une abonnée : (carte : Fréquence France entière)sur le trajet Royan – Saintes- La Rochelle-Nantes-Angers : Entre Saintes et Nantes j’ai fait une pétition, j’ai écrit aux maires de Royan, St Georges de Didonne St Palais, (un seul a répondu), au député de ma circonscription, au Ministre des transport et aux régions Aquitaine, Pays de Loire-Poitou-Charentes. La SNCF m’a répondu que la ligne n’était pas rentable, une cinquantaine de voyageurs par trajet environ, qu’elle était déficitaire de 14 M €. Ce que je veux poser comme question qu’un service public soit déficitaire je pense c’est normal, la production de bien à service collectif est bien souvent par définition déficitaire, que la région ne puisse assurer seul ce coût comme l’explique le courrier de Madame Royal, je le comprends bien mais ce que je conteste c’est ce à quoi nous assistons en ce moment : c’est le désengagement de l’État et je crois qu’il faut mener notre action sur cette définition du service public, alors cela s’inscrit dans une problématique plus large : Europe etc.. au delà du problème de l’environnement et du développement durable. Il faudrait aussi bien axé le travail de l’association sur le problème du service public. Quelques millions de passager par an sur une ligne cela mérite quand même une action.

La Présidente : Je voudrais répondre à la non-rentabilité, c’est l’exemple de la ligne de Quimper-Vintimille. Or cette ligne pour la rendre non rentable on l’a scindée en plusieurs tronçons: Quimper-Nantes, Nantes-Bordeaux, Bordeaux-Nice. Ensuite on a fait une belle autoroute alorsque la vitesse a été réduite sur la ligne ferroviaire. Lorsque les voyageurs veulent aller de La Rochelle à Nice, on leur propose de passer par Paris en TGV. C’est ce qui fait qu’on dévitalise la ligne qui n’est alors plus rentable.

Un intervenant : On comptabilise les voyageurs au départ de la ligne, on ne s’occupe pas de ceux qui montent en cours de ligne. Alors on vous dit au départ de Quimper, il n’y a que 20/30 voyageurs, il faut voir ce qui monte ensuite.
Le Vice-Président : Savez-vous pourquoi cette relation directe a été cassée, c’est parce que d’après la SNCF, au point vue nettoyage « ce n’était pas possible, on arrivait à Nice s’était déplorable ! » à près de 1.000 km quand il y a des utilisateurs, pour un peu, ils auraient manqué de papier hygiénique !

Corinne CAP : La Région pourrait tout à fait prendre en charge totalement un train mais nous n’avons pas les finances pour cela. Ce sont des lignes d’Etat, ce sont des lignes nationales et ils sont entrain d’organiser pour qu’elles deviennent interrégionales pour que cela soit les régions qui paient, mais nous ne voulons pas les prendre, nous voulons que l’Etat prenne ses responsabilités.

La Présidente : Certes mais quand on donne les routes nationales à la Région, les élus acceptent . Moi, je voudrais que les élus n’aient qu’un seul discours, qu’ils aient le même pour le fer que pour la route !

Un intervenant : Le problème c’est celui de la rentabilité, mais la rentabilité c’est un exercice comptable. Est-ce que la ligne Nantes-Bordeaux est rentable ? Si l’on prend la ligne recette, elle ne l’est pas, mais cela dit, est-ce que la route Nantes-Bordeaux est rentable ? Qui a comptabilisé les dépenses et les recettes pour dire que c’est rentable ? Le tout est de savoir si c’est utile ? Sans doute la route est utile, le tout est de savoir si la voie ferrée est utile ? Est-ce que le transport scolaire est rentable ? Oui parce que les dépenses sont couvertes par les recettes qui à 80% sont des fonds publics et cela ne choque personne que l’argent public serve à alimenter le secteur privé.
André Cantin : Madame puisque vous êtes à la Région est-ce que l’on peut vous demander votre aide pour soutenir une ligne qui n’aurait jamais dû disparaître : la ligne Nantes-Poitiers, qui était l’axe Nantes-Limoges et au-delà. Nous essayons de la sauver par bribe, par portions. Il est évident qu’il faut l’appui des élus pour y arriver. Est-ce que vous les « Verts » avec votre sensibilité écologique vous pouvez faire quelque chose ?

Mme Cap précise que Monsieur Robert Rochaud (élu Verts) Maire-Adjoint au déplacement sur la Communauté d’Agglomération de Poitiers (CAP) est intervenu à ce sujet auprès de RFF et l’a redit lors du dernier Comité Régional des Partenaires du Transport Public.

Un intervenant : Il faudrait changer, arrêter de faire continuellement des constats, et avoir un objectif parce que rien ne pourra se gagner sans un rapport de force. Parce que si à la gare de Surgères nous n’avions pas eu un rapport de force, nous n’aurions pas eu l’arrêt du TGV. Or aujourd’hui il faut mettre en place ce rapport de force sur la ligne Nantes-Bordeaux. Alors moi, je pense qu’il y a une absolue nécessité si on veut sauver la ligne Nantes-Bordeaux sujet qui nous préoccupe à l’heure actuelle, c’est que l’on s’organise en mouvement au niveau associatif, au niveau syndical, au niveau élus politiques pour créer ce rapport de force c’est la seule solution.

Le Vice-Président : Le syndicat cheminot avec notre accord à fait signer une pétition qui a recueilli 11.000 signatures et la FNAUT Poitou-Charentes a remis 270 signatures lors du Comité Régional des Partenaires. Mais peu de voyageurs se sont manifestés. Quelle sera la suite ?

La Présidente : Je voudrai donner la Parole à Jean Moreau qui représente AUT 85 (la Vendée) et la FNAUT Pays de Loire.
Jean Moreau : Et Adjoint de Maire de Fontenay le Comte également, car cela nous aide bien.
Je m’adresse à la représentante de la Région Poitou-Charentes. D’abord il faudrait que vous me disiez quelles sont vos priorités ferroviaires dans la région Poitou-Charentes. Vous savez que nous avons un projet phare c’est la réouverture Fontenay-Le-Comte – Niort et Nantes-Bordeaux c’est aussi notre combat.

En ce qui concerne Fontenay-Le-Comte – Niort, la prochaine étape c’est une table ronde des partenaires potentiels des financeurs en mai, mais il faut toujours se battre car les finances ne suivent pas toujours et c’est à cause de l’Etat. Corinne CAP : Dans ce qui m’a été donné par le service pour les actions fin 2004, la Région à pris les décisions de relancer l’offre TER, une offre de train supplémentaire de 109 000 km.

Sur Étoile de Saintes : 41.000 km Poitiers-La Rochelle (corail et achèvement programme TER : 68.000 km. Portant l’offre totale train à 2.539.000 km. Depuis le début de la régionalisation l’offre est en augmentation de + 17%. Trains + cars 15%.

Les efforts 2005 seront poursuivi en 2006, sur la Rochelle –Niort-Poitiers et la desserte du Nord Deux-Sèvres avec la possibilité de prolonger le TGV à Thouars,. Sur Nantes-Bordeaux nous ne pouvons pas décider de mettre la totalité des fonds nécessaires, si on le faisait cela serait contraire à nos obligations. Il faut absolument que l’État et la SNCF s’engagent sur leurs obligations.

Lien Permanent pour cet article : https://fnaut-pc.asso.fr/2005/03/12/debat-nantes-bordeaux-2005-comite-de-bassin/

(1 commentaire)

    • jean-yves arnaud on 21 juin 2008 at 18:10

    Suite à un courrier à mon nouveau conseiller général 17, M. BUSSEREAU, à propos des carences exaspérantes de la ligne NANTES – BORDEAUX, j’ai eu l’heureuse surprise d’être convié à un entretien avec son conseiller spécial du Secrétariat aux Transports le 15 juillet.

    Toute contribution à la préparation de cet entretien sera la bienvenue.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

*